departements les plus touchés par les accidents de la route

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Quels sont les départements français où les accidents de la route sont les plus fréquents ?

Chaque année, des dizaines de milliers d’accidents corporels sont enregistrés sur les routes françaises. Mais leur répartition est loin d’être homogène. Certains départements concentrent plusieurs milliers d’accidents, tandis que d’autres en comptent beaucoup moins. Densité de population, urbanisation, importance du réseau routier ou volume de déplacements expliquent en partie ces écarts.

Les données 2024 permettent de dresser un état des lieux précis et parfois surprenant de l’accidentalité routière en France.

Plus de 53 000 accidents corporels enregistrés en 2024

Les données issues de la base BAAC, constituée à partir des bulletins d’analyse des accidents corporels remplis par les forces de l’ordre, recensent 53 909 accidents corporels en France en 2024, pour 71 560 victimes et 3 353 personnes tuées.

Ces données peuvent désormais être explorées territoire par territoire grâce à l’observatoire des accidents de la circulation en France, qui permet de consulter les statistiques à l’échelle des régions, départements et communes.

Attention toutefois à la définition : un accident corporel est un accident ayant fait au moins une victime. Les simples accrochages matériels, même lorsqu’ils donnent lieu à un constat ou à une déclaration auprès d’un assureur, ne figurent donc pas dans ces statistiques.

Paris arrive largement en tête en nombre d’accidents

Sans surprise, Paris est le département qui enregistre l’un des volumes les plus importants, avec 4 191 accidents corporels en 2024. Ils ont fait 4 825 victimes, dont 31 personnes tuées.

Le chiffre reste impressionnant, mais il s’inscrit dans une tendance de long terme orientée à la baisse. En 2007, Paris avait enregistré 8 591 accidents corporels. Entre 2005 et 2024, le nombre annuel d’accidents est ainsi passé de 7 361 à 4 191, soit une diminution de 43,1 %.

Paris présente cependant une particularité : la densité exceptionnelle de circulation et la concentration de piétons, cyclistes, deux-roues motorisés et automobilistes produisent énormément de situations de conflit, sans pour autant entraîner proportionnellement autant de décès que sur les réseaux routiers où les vitesses sont plus élevées.

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L’Île-de-France concentre logiquement de nombreux accidents

Les départements de la petite couronne apparaissent également très haut lorsqu’on raisonne en nombre brut d’accidents.

La Seine-Saint-Denis a enregistré 2 640 accidents corporels en 2024, provoquant 3 243 victimes et 29 décès. Les Hauts-de-Seine suivent avec 2 485 accidents, 2 881 victimes et 23 morts.

Plus globalement, l’Île-de-France totalise 15 366 accidents corporels en 2024, soit près de 29 % des 53 909 accidents recensés au niveau national sur Accident-Circulation.fr. La région compte 19 031 victimes et 263 personnes tuées.

Ces chiffres illustrent une distinction essentielle : le département comptant le plus d’accidents n’est pas nécessairement celui où le risque de mourir sur la route est le plus élevé.

Les Bouches-du-Rhône : moins d’accidents que Paris, mais davantage de décès

Les Bouches-du-Rhône constituent un exemple particulièrement parlant. Le département a enregistré 2 120 accidents corporels en 2024, soit environ deux fois moins que Paris.

Mais ces accidents ont fait 3 217 victimes et 115 morts, contre seulement 31 personnes tuées à Paris.

Les chiffres détaillés sur les accidents de la route dans les Bouches-du-Rhône montrent également que le nombre d’accidents y a progressé de 3,1 % entre 2023 et 2024, passant de 2 057 à 2 120.

Sur vingt ans, la tendance reste néanmoins fortement baissière : 5 487 accidents corporels avaient été enregistrés dans le département en 2005.

Gironde, Rhône et Nord restent également très concernés

D’autres grands départements apparaissent naturellement parmi les territoires où l’accidentalité est importante.

La Gironde a comptabilisé 1 202 accidents corporels en 2024, faisant 1 578 victimes et 83 morts. Le Nord en a enregistré 1 023, pour 1 340 victimes et 71 décès.

Dans le Rhône, 1 627 accidents corporels ont été recensés en 2024, contre 1 921 en 2023. Cela représente une baisse de 15,3 % en seulement un an. Ces accidents ont néanmoins fait 2 129 victimes et 52 morts.

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Les comparaisons montrent donc des réalités très différentes selon les territoires.

Nombre d’accidents et dangerosité : attention aux classements trop rapides

Comparer uniquement le nombre brut d’accidents peut être trompeur.

Un département très peuplé, urbanisé et traversé quotidiennement par des millions d’usagers aura mécaniquement davantage d’accidents qu’un département rural faiblement peuplé.

Pour mesurer réellement le risque routier, d’autres indicateurs devraient être pris en compte : population, kilomètres parcourus, densité du réseau routier, nombre de véhicules en circulation ou encore nombre de décès par million d’habitants.

C’est également la raison pour laquelle les accidents urbains et ruraux doivent être distingués. Selon le bilan 2025 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 60 % des décès routiers de France métropolitaine ont eu lieu cette année-là sur des routes situées hors agglomération. En 2025, 1 973 personnes y ont perdu la vie, contre 1 031 en agglomération et 259 sur autoroute.

La mortalité routière est repartie à la hausse en 2025

Les dernières données disponibles incitent d’ailleurs à ne pas relâcher les efforts.

En 2025, 3 263 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine, soit 70 de plus qu’en 2024. Cela représente une hausse de 2,2 % en un an.

Le nombre de blessés est estimé à environ 247 000, dont près de 16 800 blessés graves. Au total, en intégrant les territoires ultramarins, 3 515 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises en 2025.

Ces chiffres rappellent surtout qu’il n’existe pas une seule France de l’accidentalité routière. Les grands départements urbains concentrent logiquement les accidents en nombre, tandis que certains territoires moins densément peuplés peuvent présenter une mortalité proportionnellement beaucoup plus importante.

Regarder les données à l’échelle locale permet donc d’aller bien plus loin qu’un simple classement national : derrière chaque département, et parfois chaque commune, se cache une réalité routière différente.

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